ROLLS-ROYCE & BENTLEY - RALLYES, HISTOIRE, TECHNIQUE & DOCUMENTATION

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mardi 28 janvier 2014

La Rolls-Royce Phantom I Jonckheere Coupe

Quand l'Art Deco habille l'automobile ... c’est du belge !

La Phantom I carrossée par Jonckeere est incontestablement l’un des coupés les plus spectaculaires jamais réalisés. Ses dimensions imposantes (6 mètres de longueur, empattement de 3,82 mètres), ses courbes menaçantes, ses portières arrondies, ses profils aérodynamiques révolutionnaires pour l’époque ainsi que sa calandre démesurée en font l’une des voitures d’avant-guerre parmi les plus intrigantes.

On pourrait croire que le propriétaire de cette voiture est un excentrique des années folles, en fait cette carrosserie est un exemple représentatif du courant Art Déco qui était en vogue de 1920 à 1939. En réaction à l’Art Nouveau et ses volutes du début XXe, l'Art déco s'est résolument tourné vers des formes plus épurées, essentiellement géométriques. C’est particulièrement vrai pour les portes circulaires qui lui ont valu le surnom de « The Round Door Rolls » - la Rolls aux portes rondes.


C’est un de ces châssis qui est envoyé en Belgique, chez le carrossier Jonckheere dans les années vingt. Henri Jonckheere et son fils Joseph étaient réputés en Europe pour leurs carrosseries qui équipaient des voitures et des autobus (cette dernière activité est encore opérationnelle de nos jours). A l’origine, en 1925, il s’agissait d’un Cabriolet carrossé par Hooper, vendu à une certaine Mrs. Hugh Dillman, de Detroit aux USA. Il disparaît pendant plusieurs années, après que le feu ait ravagé l’entreprise. Qu'à cela ne tienne, on retrouve une voiture que l'on croyait définitivement perdue.


Le propriétaire fit démonter la caisse et envoya le châssis dans les ateliers de la firme Jonckheere en Belgique. En effet, en 1935, les Jonckheere créèrent l’un des modèles les plus extravagants et les plus exubérants de l’histoire de l’automobile, et qui suscite encore et toujours la curiosité après tant de décennies.
Les performances ont été très améliorées par rapport à la version initiale du moteur :

cylindrée de 7668 cc, deux soupapes par cylindre et une puissance portée à 108 cv qui conduit à une vitesse de pointe de 140 km/h.

Très peu de temps après sa sortie en 1935, la Jonckheere remporte son premier concours d’élégance sur la Côte d'Azur: le Prix de cannes, un concours d’élégance réputé à l’époque. Ensuite elle est achetée par un riche américain pour être exposée dans un musée. C’était l’une des rares Phantom dont le dessin de la calandre avait été modifié. Les portes sont de forme ovale, leurs fenêtres font l’objet d’un mécanisme complexe qui consiste en deux demi lunes vitrées. On notera les ailes avant longues de trois mètres, et surtout le tracé interminable de l’arrière plongeant, accentué par un profil aérodynamique en forme de nageoire caudale. La voiture faillit disparaître à tout jamais et se retrouva dans une «casse» en vue de la démolition.

Jusqu’au début des années 90, le coupé, laissé à l’abandon pendant longtemps, fut vendu aux enchères à un collectionneur japonais très fortuné puisqu’il n’hésita pas à débourser la coquette somme de 1.500.000 dollars. La voiture fut entreposée en l’état durant une vingtaine d’années, avant de se retrouver au musée automobile Petersen de Los Angeles en vue d’une restauration complète. Depuis, ce magnifique coupé figure souvent dans les plus prestigieux concours d’élégance à travers le monde tels Pebble Beach, Meadowbrook ou Amelia Island.